Préparer sa succession : transmettre sans (trop) d'impôt
En l'absence d'anticipation, c'est la loi — et l'administration fiscale — qui décident à votre place. Ce que vous devez savoir sur les héritiers, le barème et les outils qui changent tout.
Qui hérite si vous ne décidez de rien ? La loi française tranche à votre place : les enfants d'abord, le conjoint survivant à côté — avec des droits qui varient selon le régime matrimonial — puis les parents, frères et sœurs, et ainsi de suite. Sans héritier identifiable, c'est l'État qui collecte. Et quelle que soit la configuration, la facture fiscale peut être rude.
Ce que coûte une succession non préparée
En ligne directe (parents → enfants), chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € — au-delà, le barème progresse de 5 % à 45 % par tranches. Entre frères et sœurs, l'abattement tombe à environ 15 932 € avec des taux de 35 à 45 %. Entre personnes non parentes (concubin, ami, neveu au-delà de l'abattement) : jusqu'à 60 % de droits. Concrètement, transmettre 400 000 € à un enfant sans préparation coûte environ 58 000 € de droits ; la même somme à un concubin en coûte près de 230 000 €.
La règle d'or
La réserve héréditaire : ce que vous ne pouvez pas faire
En France, on ne déshérite pas ses enfants : une fraction du patrimoine — la « réserve » — leur revient obligatoirement (la moitié avec un enfant, les deux tiers avec deux, les trois quarts avec trois ou plus). Vous disposez librement du reste, la « quotité disponible » — c'est là que la stratégie commence.
Les cinq outils qui changent la donne
- Le testament — gratuit et révocable, il oriente la quotité disponible vers qui vous voulez (conjoint, association, proche sans lien de parenté). Indispensable pour les couples non mariés, qui n'héritent de rien sans lui.
- L'assurance-vie — hors succession, 152 500 € par bénéficiaire en franchise de droits pour les versements avant 70 ans. Notre article détaillé.
- La donation de son vivant — 100 000 € par parent et par enfant, rechargeables tous les 15 ans, avec donation-partage pour figer la répartition. Le mode d'emploi.
- Le démembrement de propriété — donner la nue-propriété (décotée fiscalement) en gardant l'usufruit : au décès, réunion sans droits supplémentaires.
- Le pacte Dutreil — pour les chefs d'entreprise : jusqu'à 75 % d'exonération sur la transmission de l'entreprise familiale, sous conditions de conservation.
Protéger le conjoint : le dossier oublié
Le conjoint survivant est exonéré de droits de succession — mais exonéré ne veut pas dire « protégé » : selon le régime matrimonial et la présence d'enfants (surtout d'une première union), il peut se retrouver en indivision forcée, privé de liquidités, ou contraint de vendre le logement familial. Testament, donation au dernier vivant, assurance-vie croisée, choix du régime matrimonial : ces arbitrages se prennent ensemble, de votre vivant.
« Une succession préparée n'est pas un sujet morbide : c'est un acte d'amour administratif. Vos proches vous remercieront au moment le plus difficile. »
Par où commencer ?
Par une simulation successorale : nous chiffrons les droits que paieraient vos héritiers aujourd'hui, puis nous construisons le plan de réduction — donations progressives, assurance-vie, démembrement — en lien avec votre notaire. Retrouvez notre approche complète sur la page Transmission.
Simulation successorale
Combien vos héritiers paieraient-ils demain ?
Un calcul clair de vos droits de succession théoriques, et le plan concret pour les réduire. Échange confidentiel, sans engagement.
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